Gail Falkenberg a 79 ans et elle était engagée mardi au premier tour des qualifications du W35 d’Orlando, en Floride. Elle a perdu 6-0, 6-0 contre Aspen Schuman, 19 ans, tête de série n°6. Soixante ans d’écart. J’ai lu ça hier soir, ma farde de statistiques ouverte sur la table de la cuisine, et j’ai sorti la calculatrice.
Parce que voilà. Elle a commencé sa carrière pro à 38 ans. J’en ai 34. Donc, techniquement, j’ai encore quatre ans d’avance sur elle. Elle a atteint le 360e rang mondial en décembre 1987. Moi je suis C30.4, classement transitoire, et ma saison commence vraiment en mai.
J’ai refait le calcul trois fois. Si elle joue encore à 79 ans, j’ai quarante-cinq ans devant moi. À deux entraînements par semaine, ça fait beaucoup de mardis soir sur le terrain 4. Même si le terrain 4 n’est jamais libre.
Et puis il y a 2016. À 69 ans, à Pelham, en Alabama, elle bat Rosalyn Small, 22 ans, 6-0, 6-1. Guinness World Records : la joueuse la plus âgée à gagner un match sur le circuit ITF. Six-zéro, six-un. Un jeu laissé. Moi, en interclubs, j’en laisse plus que ça à l’échauffement.
Au tour suivant, elle a pris 6-0, 6-0 contre Taylor Townsend. En 2013, à Rock Hill, 6-0, 6-0 contre Naomi Osaka, 15 ans. Ce que je vois, moi, c’est une femme qui accepte de prendre des double bagels en public, et qui revient. Ça, c’est un schéma. Il y a des intentions là-dedans.
Céline, tu n’as jamais pris un 6-0, 6-0. Tu abandonnes à 0-4 en disant que c’est le cordage.
C’était le cordage. Et il drachait. Bref, j’ai noté « W35 d’Orlando » dans ma farde, à la page objectifs, juste sous « recorder ». À deux entraînements près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.







