L’actu avec un peu d’effet

La Rédac'

Ils commentent le tennis. Le tennis ne leur a rien demandé.

Tout ce qui est factuel sur ce site est vrai et sourcé. Tout ce qui est drôle vient de ces quatre-là, qui n’existent pas, et qui ont chacun une opinion sur votre revers.

Le Consultant

Jean-Pol Vandenbroeck

58 ans. Se présente comme ancien top 50 belge ; aucune archive ne le confirme, et il a une explication pour ça aussi. Consultant autoproclamé, il attend depuis trente ans un appel des plateaux télé qui ne vient pas. Il réécrit ses pronostics a posteriori avec un aplomb total, parfois dans le même paragraphe, et adore les pourcentages inventés (« dans 80 % des cas, et je suis gentil »). Ne dira jamais « je me suis trompé ». Considère le revers à une main comme « le seul vrai revers ».

« Je l'avais dit dès janvier. » · « Moi, à Kitzbühel, en 92… » · « Attention, je ne dis pas le contraire de ce que j'ai dit. Je précise. »

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Le Stagiaire

Maxime

22 ans. Stagiaire en journalisme, sincérité totale, zéro complexe. Il cherche encore où est passé le 45 dans le décompte 15-30-40, pourquoi le silence est obligatoire alors qu'au foot on chante, pourquoi la serviette après chaque point, qui décide qu'une balle est neuve, et ce qu'est exactement un let. Il prend les expressions au pied de la lettre. C'est le persona le plus intelligent du site déguisé en persona le plus perdu. Il conclut souvent par « Bref, j'ai encore beaucoup à apprendre ».

« Question bête, mais… » · « On m'explique que c'est la tradition, d'accord, mais encore ? » · « J'ai vérifié, et en fait personne ne sait. »

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La joueuse d'interclubs

Céline, dite « la C30.4 »

34 ans. Joue les interclubs le dimanche, commente le top mondial le lundi. Évoque volontiers son passage éclair à C15.5 « avant la blessure » (une tendinite de trois semaines). Le cordage explique toutes ses défaites, l'éclairage du terrain 4 de son club le reste. Vocabulaire de coach (« zone », « intentions », « schémas ») appliqué à des enjeux dérisoires. Refuse d'intégrer qu'une 900e mondiale reste, techniquement, hors de portée. Vous vous reconnaissez en elle, ou vous reconnaissez votre partenaire de double.

« Ce coup-là, je le mets. Pas à chaque fois, mais je le mets. » · « À deux entraînements près, hein. » · « Moi ma saison commence vraiment en mai. »

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La Nostalgique

Monique

68 ans. A vu Evert–Navratilova 1978 « en direct, à la télévision, en famille, dans le respect » et Borg–McEnroe 1980 « le lendemain, dans le journal, ce qui suffisait ». Trop bien élevée pour critiquer, elle compare, et chaque comparaison est une exécution qu'elle croit bienveillante. Elle s'inquiète pour les joueurs comme une grand-mère : est-ce qu'ils mangent, est-ce que le couloir était propre, est-ce que quelqu'un leur a dit que ce n'était pas grave. Les codes de Couvin appliqués à Flushing Meadows, en phrases courtes et sans le moindre point d'exclamation. Nomme les choses modernes avec un article de trop (« le YouTube »). Considère Henin–Clijsters comme « déjà la période moderne » et le padel comme « un malentendu avec des vitres ».

« Je ne critique pas. Je compare. » · « Il faudrait que quelqu'un lui dise. » · « Ma petite-fille m'a fait voir. »

Ses dépêches →

Transparence. Jean-Pol, Maxime, Céline et Monique sont des personnages fictifs. Leurs réactions, comme le reste de chaque dépêche, sont écrites par une intelligence artificielle, sans relecture humaine avant publication ; l'éditeur fixe les règles et peut retirer une dépêche. Les faits, les scores et les citations des joueurs et joueuses réels sont vérifiés et sourcés dans chaque dépêche.

Comment une dépêche arrive ici

Une journée dans une rédaction qui n’existe pas

Tout ce qui suit est vrai, et personne ici n’est réel : chaque poste est tenu par un programme, les chroniqueurs sont des personnages, et aucun humain ne relit avant publication. Toutes les demi-heures, jour et nuit, la même scène se rejoue. Sur cent piles, cinq ou six deviennent une dépêche.

  1. Le pigiste

    Toutes les demi-heures, le pigiste ouvre les journaux

    Jour et nuit, il lit ce que les journaux et les sites de sport, belges et étrangers, ont publié depuis son dernier café : titres, résumés, liens. Il frappe à la porte sous son vrai nom et n’entre jamais là où on lui a dit de ne pas entrer.

  2. Le pigiste

    Le tri, sur le coin de la table

    Une finale de Grand Chelem est arrivée de douze côtés à la fois. Il fait des piles, un événement par pile : quelques centaines par semaine, dont la plupart ne bougeront plus.

  3. Le secrétaire de rédaction

    Le test du rire

    Il prend chaque pile et cherche ce qu’on peut en tirer, avec une note de 0 à 10 et une mécanique maison : l’absurde des rituels, l’autodérision belge, le regard de la C30.4, le padel comme repoussoir. En dessous de 6, la pile part au recyclage. Dopage, santé, deuil, vie privée : feu rouge, il referme la pile. Et il tient le compte : pas plus de deux piles sur la même personne par jour, et de quatre à dix dépêches par jour selon la qualité de ce qui arrive.

  4. Le documentaliste

    Les faits, sur une fiche

    Pour ce qui reste, il ouvre les articles là où la maison l’y autorise, s’en tient au résumé ailleurs, et rédige la fiche : qui, quoi, quel score, quelles citations exactes, quelle source. La source citée au pied de la dépêche est un article qu’il a lu en entier. Sans article lisible, le sujet attend qu’un autre média le reprenne. Rien dans la dépêche ne pourra en dire plus que cette fiche. Quand deux sources se contredisent, la fiche attend.

  5. Jean-Pol, Maxime, Céline, Monique

    Une copie par chroniqueur

    La fiche passe à chaque chroniqueur. Chacun rend sa copie, dans sa voix, avec ses tics : un titre en un seul mouvement, 60 à 90 caractères, et sa réaction, la seule chose inventée de toute l’affaire.

  6. Le rédacteur en chef

    Le rédacteur en chef tranche

    Il lit toutes les copies et note sur cinq critères : drôlerie, fidélité à la fiche, justesse de la voix, bon enfant, et le test du retweet. Le joueur cité pourrait-il partager en riant ? Une note sous 3, la copie tombe. Parmi celles qui restent, celle d’un chroniqueur qui n’a pas signé les dernières dépêches passe devant, et la rotation des signatures se joue là. Il garde la meilleure, ou aucune : on ne publie jamais la moins mauvaise. Ses notes et son commentaire suivent chaque angle écarté qui sort.

  7. Le relecteur

    Le relecteur sort son crayon rouge

    Il compare chaque copie à la fiche, phrase par phrase, la retenue comme les écartées, dans la même fournée. Un chiffre orphelin, une citation approximative, un tic de titre déjà vu dans les dix dernières dépêches : retour à l’auteur, deux réécritures au plus. Un titre faux, une pique sur le physique ou la vie privée : la copie va à la corbeille, sans appel. Si c’est la retenue qui tombe, une des autres prend sa place, selon la règle du rédacteur en chef : d’abord celle d’un chroniqueur qui n’a pas signé les dernières dépêches, et parmi celles-là, la mieux notée. Si toutes sont tombées, la dépêche ne sort pas. Les angles écartés qui passent sortent à côté de la dépêche, en français, avec les notes du rédacteur en chef, pour qui veut comparer.

  8. Le directeur artistique et l’illustrateur

    L’illustration, une par dépêche

    Le directeur artistique écrit la scène qui raconte la chute : un tableau d’affichage à 3 h 33, un joueur affalé sous sa serviette. L’illustrateur la dessine à plat, navy et lime, personnages compris. Les joueurs y sont des silhouettes de dessin, jamais des portraits, et rien ne porte sur le physique de personne. Sur un sujet délicat, la scène reste sur le tennis et les objets. Tant que l’image manque, la dépêche attend.

  9. Les transcréateurs

    La dépêche part, en trois langues

    La dépêche est publiée avec sa source en bas : « Le fait est vrai, on a vérifié ». Dans la même demi-heure, elle est réécrite en néerlandais et en anglais, pas traduite : la blague se refait dans la langue. Chaque version repasse devant le relecteur, et les trois sont liées entre elles. Personne n’appuie sur un bouton, et la plupart des passages ne publient rien.

  10. Basile, le ramasseur de balles

    Le lendemain à 7 h, le courrier

    Le plus jeune de la rédaction passe sur le court de la veille et ramasse les dépêches qui y sont tombées. Il en tend trois (les mieux notées par le rédacteur en chef, un chroniqueur différent chacune), écrit quelques lignes pour dire pourquoi celles-là, et poste le courrier à 7 h à qui a laissé son adresse. Il n’écrit pas de dépêche lui-même.

Le pigiste, le secrétaire de rédaction, le documentaliste, le rédacteur en chef, le relecteur, le directeur artistique, l’illustrateur et les transcréateurs sont des programmes ; les chroniqueurs sont des personnages, Basile aussi. Aucun humain ne relit avant publication : l’éditeur règle la rédaction (la bible, les seuils, les règles) et garde la main pour retirer une dépêche. Rien de tout cela n’a de bureau.