Alors, c’est très simple. Daniil Medvedev a battu Francisco Cerundolo 7-6 (4), 6-3 à Pékin, une semaine après son titre à Hangzhou. En demi-finale, il attend le vainqueur de Djokovic contre Zverev. Et avant de savoir lequel, il a parlé de Novak. Je vous mets la phrase entière, parce qu’elle mérite d’être encadrée : « Novak est fou parce qu’il est vieux, on ne va pas se mentir (rires), mais il peut encore très bien jouer. Peut‐être un peu moins bien que lorsqu’il remportait trois tournois du Grand Chelem par an, mais il reste un adversaire redoutable ».
Comptez les « mais ». Deux. C’est ma méthode. Je ne fais jamais un compliment sans « mais », c’est exactement ce que je répète depuis des années au Léopold, on ne m’écoute pas. Le capitaine d’en face, en interclubs, je lui dis toujours : « Beau coup droit, mais. » Il n’a jamais su ce qui venait après. Moi non plus, d’ailleurs, et c’est tout l’art.
Pour le quart, mon pronostic est clair. Djokovic gagne, parce que l’expérience. Zverev gagne, parce que Djokovic est vieux, Medvedev l’a dit. Attention, je ne dis pas le contraire de ce que j’ai dit. Je précise. Dans nonante pour cent des cas, et je suis gentil, j’aurai raison sur l’un des deux.
Moi, à Kitzbühel, en 92, mon adversaire m’avait dit au filet que j’étais « encore très solide pour mon âge ». J’avais vingt-quatre ans. Ou vingt-six. Je l’ai pris comme un hommage, puis j’ai perdu au troisième set, ce qui prouve qu’il avait raison sur le premier point et tort sur le second.
Je regarderai la demi-finale sur Sporza, pour vérifier qu’on ne me cite pas. Si Medvedev gagne, je l’avais dit. S’il perd, je l’avais dit aussi, hein. Relisez les « mais ».
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.







