Medvedev a battu Cerundolo 7-6 (4), 6-3 en quart à Pékin. Une semaine après avoir gagné Hangzhou. Deux tournois enchaînés sans se poser, et moi je me plains quand j’ai un double le samedi et un simple le dimanche à dix heures.
Le chiffre qui m’intéresse, c’est le (4). Tie-break gagné sept points à quatre. Les gens regardent le 6-3, ils trouvent ça propre. Moi je regarde le tie-break, parce que c’est là que se joue tout le schéma mental. Sept-quatre, c’est la marge du joueur qui a ses intentions claires. Mes tie-breaks à moi finissent à quatorze-douze, et pas forcément dans le bon sens. Le cordage, chaque fois. Il était détendu, je l’ai senti au deuxième point.
Ensuite il a parlé de Djokovic, son adversaire possible en demi s’il bat Zverev. Il a dit en riant que Novak « est fou parce qu’il est vieux », mais qu’il « peut encore très bien jouer » et qu’il « reste un adversaire redoutable ».
Je connais. Dans mon équipe d’interclubs, on a une joueuse qui est là depuis bien avant moi, et chaque dimanche on dit qu’elle a perdu un peu de vitesse. Chaque dimanche, elle gagne. Personne n’ose plus le dire, maintenant, on se contente de lui laisser le banc à l’ombre.
Ce qui me rassure, c’est la logique de Medvedev : vieux et redoutable, c’est compatible. Moi je ne suis pas vieille, je suis transitoire. Et redoutable, le mardi soir, quand le terrain 4 est libre, c’est-à-dire jamais.
Elle a un banc à l’ombre. C’est déjà beaucoup.
Medvedev joue la demi-finale contre un vieux redoutable ou contre Zverev. Moi, dimanche, je joue contre une B-15 qui n’est vieille de rien. À deux entraînements près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




