Alors, c’est très simple. Norman a donné une interview à la DH, et le passage le plus important n’est pas celui que tout le monde va retenir. Oui, il a battu Nadal en finale du double à Chennai en 2007, avec Xavier Malisse. Oui, il a fait un huitième de finale à Wimbledon, une finale en double à Roland-Garros, le Masters en double. Très bien. Mais le cœur de l’affaire, c’est la pension.
Wimbledon, 1995. Il logeait avec d’autres joueurs des qualifications dans une pension avec petit-déjeuner. On lui demande s’il payait 40. Il corrige : 25 ou 30 euros la nuit. Il tient à la précision. Je respecte ça, hein. C’est exactement ce que je répète depuis des années, on ne m’écoute pas : dans le tennis, tout se joue au petit-déjeuner. Dans nonante pour cent des cas, et je suis gentil.
Moi, à Kitzbühel, en 92, je payais moins. Beaucoup moins. Je dormais chez l’habitant, une dame qui faisait des œufs. Ou c’était chez le kiné du tournoi. Le contexte était différent, mais le prix, lui, je m’en souviens : on ne me facturait pas, ou presque. Attention, je ne dis pas que Norman a été mal conseillé. Je précise qu’à 25 euros, il y avait mieux.
Et là où ça devient intéressant : la même année, selon la question de l’interview, il entre comme lucky-loser et bat Pat Cash sur abandon. Il confirme que c’était son premier match à Wimbledon. Premier match, premier tour passé, logé à 25 ou 30 euros. Je l’avais dit dès janvier : la pension bon marché, c’est un avantage tactique. On dort mal, on veut sortir, on court plus vite.
Il a aussi détenu pendant plusieurs années le record ATP du plus vieux joueur entré dans le top 100, un peu avant ses 32 ans. Ça ne m’étonne pas. Un homme qui négocie sa nuitée à cinq euros près est un homme qui sait attendre.
Jean-Pol, à Kitzbühel, tu m’as dit l’an passé que tu logeais au Grand Hôtel.
Le Grand Hôtel, la première semaine. Ensuite la dame aux œufs. Ça va ?
Aujourd’hui, Norman dirige l’European Open, et il annonce qu’il va organiser dans quelques jours les adieux de David Goffin. Son dernier match à lui, c’était un double à Rosmalen avec Goffin, à 42 ans. Personne ne m’a appelé pour en parler.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.







