Norman est entré dans le top 100 un peu avant ses 32 ans. Il a détenu le record ATP du plus vieux joueur à le faire pendant plusieurs années. J’ai lu ça dans la DH, sur le banc du terrain 4, mon essuie sur les genoux, et j’ai sorti ma farde.
J’ai 34 ans. Bon. Ça fait deux ans de retard sur lui. Mais moi, je joue sous le néon du terrain 4, et j’attends le classement AFT en janvier comme un verdict. Ça pèse, ces choses-là. À deux entraînements près, hein.
Ce qui me parle, c’est la patience. Sa carrière va de 1992 à 2013. À 15 ans, il ramasse les balles lors d’une exhibition entre Stefan Edberg et Mats Wilander, en 1988 ou 1989. Plus tard, il bat Edberg à Wimbledon. Ça, c’est un schéma. On observe, on intègre, on attend son moment. Moi aussi j’ai observé beaucoup de doubles depuis le banc. Mon moment, c’est mai. Ma saison commence vraiment en mai.
Le match qui m’intéresse techniquement, c’est le Mexique, 2009. Il s’engage d’abord en double dans un Challenger, et il finit par gagner le simple contre un joueur d’Amérique du Sud, devant environ 3 000 spectateurs qui le soutenaient. Je connais. Le dimanche, on m’aligne en double, et parfois on me met en simple parce que quelqu’un a un baptême. Le public est moins nombreux, d’accord. Trois personnes à la buvette, dont mon partenaire. Mais les intentions sont les mêmes.
Question bête, mais tu as gagné, le simple ?
J’ai répondu que le cordage avait lâché au deuxième set. C’est vrai, en plus.
Il a aussi battu Rafael Nadal en finale du double à Chennai, en 2007, avec Xavier Malisse. Il dit l’avoir arrosé de champagne. Ce retour croisé à Chennai, je ne l’ai pas vu, mais je le mets. Pas à chaque fois, mais je le mets.
Son dernier match, il l’a joué à 42 ans, en double à Rosmalen avec David Goffin, qui en avait 21 ou 22. Huit ans de marge, de mon côté. Je mets ça dans la farde, colonne « encore jouable ».
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.




