Arthur Fils est 8e mondial cette semaine, le meilleur classement de sa carrière. Dans L’Équipe, il a dit : « Je me le dis comme ça, je sais que quand j’entre sur le terrain, le mec a peur de moi. »
Question bête, mais comment on sait qu’un joueur de tennis a peur ? Au foot, on voit un défenseur reculer. Au tennis, tout le monde est déjà au fond du court, en silence, avec une serviette. Un joueur terrifié et un joueur calme font exactement les mêmes gestes : il rebondit la balle, il regarde ses cordes, il souffle.
J’ai relu l’article dans le train de 7 h 32. Fils explique qu’en arrivant sur le circuit, il s’est dit que tout le monde se méfiait déjà de lui. Il appelle ça de l’autopersuasion. Plus jeune, il était persuadé que ses adversaires avaient peur, et c’est devenu réel quand il a commencé à gagner de grands matches et de grands tournois.
Donc l’ordre, c’est : d’abord on le croit, ensuite c’est vrai. J’ai trouvé ça très beau. J’ai essayé le matin même : je me suis dit que le contrôleur se méfiait de moi. Il a demandé mon abonnement. Exactement comme d’habitude.
Il dit aussi : « Je préfère me dire ça plutôt que de mettre tous les joueurs sur un piédestal, d’entrer sur le terrain et de ne pas pouvoir jouer. » Ça, je comprends très bien. Moi je mets tout le monde sur un piédestal, y compris la machine à café de la rédaction.
Il a été battu en demi-finales à Bruxelles. Je me demande si son adversaire avait peur quand même, et juste joué très bien malgré la peur. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait.
Moi, l’adversaire n’a jamais peur. Mais elle a froid sous la bulle, ce qui revient presque au même.
Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.







