Arthur Fils est 8e mondial cette semaine. Dans L’Équipe, il a dit : « C’est sûr que les gens se méfient de moi, ils essaient tous de venir me chercher maintenant. » J’ai lu ça sur mon GSM, l’essuie encore sur l’épaule, après un double du dimanche.
Il raconte qu’en arrivant sur le circuit, il s’était persuadé que tout le monde avait déjà peur de lui. De l’autopersuasion. Puis c’est devenu réel, parce qu’il a gagné de grands matches et que son classement s’est amélioré.
J’applique la même méthode depuis des années. La partie autopersuasion, je la maîtrise. C’est la deuxième étape qui tarde. Dimanche, mon adversaire est arrivée au terrain 4 avec un thermos et des mots croisés. Elle a fini sa grille entre deux jeux. Je ne suis pas sûre que ce soit de la méfiance.
Il dit aussi : « Je préfère me dire ça plutôt que de mettre tous les joueurs sur un piédestal, d’entrer sur le terrain et de ne pas pouvoir jouer. » Ça, c’est un vrai schéma mental, avec de bonnes intentions. Moi je mets mon cordage sur un piédestal, c’est différent : c’est lui qui ne peut pas jouer.
Il a été battu en demi-finales à Bruxelles, et il reste 8e mondial. Moi, quand je perds, je reste C30.4. Le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte.
La dame aux mots croisés a fini sa grille. C’est déjà quelque chose.
Mon classement tombe en janvier. D’ici là, je me dis que la dame aux mots croisés tremblait. Sous la table.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




