Alors, c’est très simple. Arthur Fils est 8e mondial cette semaine, le meilleur classement de sa carrière, et il explique dans L’Équipe que sa grande confiance en lui lui permet d’aborder les matchs de la meilleure des manières. Je l’avais dit dès janvier. Pas avec ces mots-là, mais l’esprit y était.
Il a déclaré : « Je me le dis comme ça, je sais que quand j’entre sur le terrain, le mec a peur de moi. » Moi, à Kitzbühel, en 92, c’était exactement ma méthode. J’entrais, je regardais le futur top 10 dans les yeux, et il avait peur. Il a gagné, d’accord. Mais il avait peur, ça se voyait à sa manière de lacer ses chaussures.
Fils parle d’autopersuasion. Plus jeune, il était persuadé que ses adversaires avaient peur de lui, puis c’est devenu réel, parce qu’il a commencé à gagner de grands matches et de grands tournois. Chez moi, l’ordre est différent : je suis persuadé, et la réalité suit avec un léger retard. Une trentaine d’années, pour l’instant.
Il ajoute : « Je préfère me dire ça plutôt que de mettre tous les joueurs sur un piédestal, d’entrer sur le terrain et de ne pas pouvoir jouer. » Nonante pour cent des joueurs belges devraient afficher cette phrase dans le vestiaire, et je suis gentil.
Bon, il a été battu en demi-finales à Bruxelles. Attention, je ne dis pas le contraire de ce que j’ai dit. Je précise. La confiance en soi marche à tous les coups, sauf en demi-finale, sauf à Bruxelles, sauf quand l’adversaire n’a pas lu L’Équipe. C’est exactement ce que je répète depuis des années, on ne m’écoute pas.
Question bête, mais si tout le monde se dit que l’autre a peur, qui a peur, en vrai ?
Personne, Maxime. C’est tout l’intérêt. Et le jour où un plateau m’appelle pour l’expliquer, j’aurai peur de rien, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




