Alors, c’est très simple. Le 20 octobre 2006, Tomas Berdych, 11e mondial, bat Rafael Nadal, 2e mondial, tenant du titre et chez lui, 6-3, 7-6 en quarts à Madrid. Sur dur intérieur. Personne ne voulait le voir, moi je le voyais.
Je regardais les chiffres, pas le classement. Berdych avait perdu le premier duel à Bastad en 2004, puis gagné à Cincinnati en 2005, puis à Montréal en 2006. Il avait battu Federer, numéro 1 mondial, aux Jeux d’Athènes, et gagné Bercy en 2005 contre Ljubicic. Avec ça, un quart à Madrid, c’était écrit. Dans nonante pour cent des cas, et je suis gentil.
Au deuxième set, le public applaudit ses fautes en plus des points de Nadal. Berdych s’agace. Il a dit ensuite : « Je comprends qu’ils veulent le voir gagner le match et le tournoi, mais ce n’est pas la Coupe Davis, où vous pouvez vous attendre à ça. » C’est exactement ce que je répète depuis des années, on ne m’écoute pas : le public doit savoir dans quelle compétition il est.
Moi, à Kitzbühel, en 92, contre mon futur top 10, la tribune applaudissait mes doubles fautes. Enfin, la tribune. Il y avait sa sœur et un monsieur avec un chien. J’ai gagné le set. Ou le jeu, le contexte était différent.
Balle de match au tie-break : Berdych la célèbre en imitant la manière de s’encourager de Nadal, puis conclut sur un service gagnant. Et avant la poignée de main, le doigt devant la bouche vers le public. Attention, je ne dis pas que c’est élégant. Je précise que c’est efficace, mais que ça ne s’apprend pas en un jour.
À Couvin, on ne faisait chut qu’à l’église. Et c’était le curé.
3-1 dans le face-à-face, ce soir-là. Je l’avais dit dès Bastad, hein. Ça va ?
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors (FR).







