Alexander Zverev a battu Alexander Bublik 7-6, 4-6, 7-6 en huitièmes de finale à Shanghai. Plus de 40 aces à eux deux. J’ai lu le récit de We Love Tennis dans le train de 7 h 32, entre Louvain-la-Neuve et la rédaction, et je suis resté bloqué sur une ligne. Après la balle de match, au filet, Zverev a dit à Bublik : « Bonne chance. »
Question bête, mais bonne chance pour quoi ?
Le match était fini. Il n’y avait plus de point à jouer, plus de set, plus rien. Au foot, on échange les maillots. Ici, on se souhaite bonne chance au moment précis où la chance ne peut plus servir à rien. J’ai noté trois hypothèses dans mon carnet. Un : bonne chance pour le prochain tournoi. Deux : bonne chance pour le vol. Trois : c’est la formule officielle, comme « à tantôt », qu’on dit sans heure précise.
Et puis il y a la réponse. Selon We Love Tennis, Bublik a confié à son adversaire qu’il en avait assez et qu’il ne voulait plus jouer au tennis. Il a dit : « Je ne veux plus continuer. Je ne vais pas jouer. À quoi bon si je ne gagne pas ? Non, je ne veux pas. » Donc l’un souhaite bonne chance, l’autre répond qu’il ne compte plus en avoir besoin. C’est la conversation la plus courte et la plus complète que j’aie lue depuis le début de mon stage.
J’ai tendu mon carnet à Céline, s’il vous plaît, pour avoir un avis d’initiée.
Au filet, on dit toujours un truc. Moi je dis « bien joué » même quand c’était pas bien joué. C’est le code.
J’ai demandé si le code prévoyait une réponse quand l’autre dit qu’il arrête. Elle a regardé son GSM. J’attends encore.
Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.






