Zverev bat Bublik 7-6, 4-6, 7-6, huitièmes de finale à Shanghai, plus de 40 aces à eux deux. J’ai sorti ma farde de statistiques. J’ai fait le compte de ma saison d’interclubs. Deux aces. Un sur une fille qui refaisait son lacet, l’autre qui a touché la bande, mais l’arbitre de chaise, c’est-à-dire mon adversaire, l’a accepté.
Donc on est d’accord : sur le principe, l’ace, je le fais. Pas à chaque fois, mais je le fais.
Ce que les gens ne voient pas dans ce match, c’est le schéma. Deux grands serveurs, ça veut dire zéro rythme en retour, donc deux tie-breaks. Moi, mes tie-breaks, je les joue au terrain 4, sous le néon qui clignote au moment du lancer. Si Zverev servait sous ce néon, on serait plutôt à vingt aces. À deux entraînements près, hein.
We Love Tennis dit que le match a été décousu et que Bublik n’a cessé de se plaindre. Au filet, il a confié à Zverev qu’il ne voulait plus jouer au tennis : « À quoi bon si je ne gagne pas ? » Cette phrase, je la connais. Je la dis chaque dimanche vers midi, à la buvette, avec un cornet de frites. Et le mardi soir, je suis de retour sur le terrain 4, quand il est libre, c’est-à-dire jamais. Les intentions sont là.
J’ai quand même vérifié mon cordage avant d’écrire ces lignes. Il est détendu. Ça explique le reste de ma saison.
Deux aces sur une saison. Le lacet, au moins, était bien refait.
Moi ma saison commence vraiment en mai. Pour l’ace numéro trois, rendez-vous là.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



