John McEnroe était invité dans La Revuelta, sur la RTVE. On lui a demandé qui il préférait regarder jouer en ce moment. Il a dit Carlos Alcaraz, « ce qu’il y a eu de mieux pour le tennis en 10 ans ». Il a aussi dit : « Nous avons de la chance de l’avoir. »
Le mot qui m’arrête, c’est « regarder ». Un ancien numéro un mondial qui choisit qui il regarde. Moi, le dimanche à dix heures, sur le terrain 4, j’ai un spectateur quand le mari de ma partenaire de double attend les clés de la voiture. Il regarde son GSM. C’est une forme d’attention.
Je ne me compare pas, hein. Mais le schéma est le même : quelqu’un, quelque part, choisit de te regarder plutôt qu’un autre. Sur le terrain 4, le choix se fait entre moi et le néon qui clignote. Le néon gagne. Il a plus de régularité, je le reconnais, et je ne le reconnais pas facilement.
Selon We Love Tennis, McEnroe considère le tennis espagnol comme une référence mondiale en formation. Je suis d’accord. Le niveau interclubs a énormément monté aussi, les gens ne se rendent pas compte. Simplement, chez nous, la formation se fait le mardi soir, dans la bulle qu’on loue à l’heure, et ça se sent dans le jeu.
À Couvin, on regardait celui qui jouait. Il n’y avait pas de choix à faire. Le garage n’avait qu’un mur.
Je ne demande pas à McEnroe de venir en Brabant wallon. Je dis que le jour où il cherchera son joueur préféré à regarder en interclubs, j’ai un cornet de frites à la buvette pour lui, et mon classement AFT en janvier. Moi ma saison commence vraiment en mai.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.







