John McEnroe, ancien numéro un mondial, était invité dans La Revuelta, une émission de la RTVE. On lui a demandé son joueur préféré du moment. Il a répondu Carlos Alcaraz, et il a ajouté : « Je ne le dis pas seulement parce qu’il est à Madrid. »
Question bête, mais pourquoi préciser ? La question portait sur son joueur préféré, pas sur la géographie. J’ai relu la citation complète dans le train de 7 h 32, entre Ottignies et la rédaction : « Il est ce qu’il y a eu de mieux pour le tennis en 10 ans. C’est mon joueur préféré à regarder en ce moment. Je ne le dis pas seulement parce qu’il est à Madrid. Nous avons de la chance de l’avoir. »
Le mot important, c’est « seulement ». Il ne dit pas que Madrid ne compte pas. Il dit que Madrid compte un peu. J’ai essayé de calculer combien. Je n’ai pas trouvé d’unité.
Alors j’ai fait un test au kot, à Louvain-la-Neuve. J’ai dit à mon colocataire que ses pâtes étaient les meilleures que j’avais mangées en dix ans, et que je ne le disais pas seulement parce que j’étais dans sa cuisine. Il m’a regardé longtemps. Il a rangé les pâtes.
On m’explique qu’à la télévision, c’est la politesse : on dit du bien du pays de la chaîne qui vous invite. D’accord, mais encore ? McEnroe aime aussi le tennis espagnol en général, selon We Love Tennis, qui écrit qu’il le considère comme une référence mondiale en matière de formation. Donc il était sur une chaîne espagnole, il parlait d’un Espagnol qui est à Madrid, il admire le tennis espagnol. Ça fait beaucoup de « pas seulement ».
Maxime, c’est très simple : quand on m’invitera à Bruxelles, je dirai pareil de Goffin. Pas seulement parce que je serai à Bruxelles.
J’ai vérifié, et en fait personne ne sait où s’arrête le « seulement ». Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




