Alors, c’est très simple. Zheng Qinwen, championne olympique, jouait samedi chez elle, à Pékin, au deuxième tour du WTA 1000, devant un public totalement acquis à sa cause. Et ce public l’a perturbée. Je l’avais dit dès janvier : le supporter est le premier adversaire du joueur. Enfin, je l’ai dit en interclubs au Léopold, à un monsieur qui encourageait sa femme sur le terrain d’à côté, mais l’esprit y était.
Pendant le tie-break du premier set, au moment de servir, elle s’est tournée deux fois vers les tribunes : « Arrêtez de crier. » L’arbitre de chaise a demandé au public de ne plus bouger pendant les points. Des supporters ont même réclamé le silence aux autres entre les échanges. Ce premier set, elle l’avait pourtant en main à 5-3, avant de le perdre au tie-break.
Moi, à Kitzbühel, en 92, contre un futur top 10, j’avais une tribune entière pour moi. Trois personnes, dont mon cousin. Il toussait. J’ai perdu le tie-break. Je ne dis pas que c’était la toux. Je précise que c’était surtout la toux.
Ensuite elle a mené 6-7(4), 6-4, 3-0 et Kalinskaya a abandonné après 2h22. Après coup, Zheng a dit : « C’est mon problème, c’est mon problème. » Ça, c’est d’une élégance rare, mais je ne l’aurais pas dit, parce que ce n’était pas mon problème, c’était mon cousin.
Question bête, mais ton cousin savait que tu jouais ?
En partant, elle a conseillé en chinois aux spectateurs, dans le vent et le froid, de ne pas prendre froid. Nonante pour cent des joueurs filent au vestiaire sans un mot, et je suis gentil. Elle, elle a pensé aux écharpes. Prochaine étape : Marie Bouzkova au troisième tour, pour la 54e mondiale. Le silence, je le recommande. Ça va ?
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.






