Zheng Qinwen a battu Anna Kalinskaya samedi au deuxième tour du WTA 1000 de Pékin. Elle menait 6-7(4), 6-4, 3-0 quand Kalinskaya a abandonné, après 2h22 de jeu. Mais ce n’est pas le score qui m’a retenu.
Question bête, mais : quand on joue chez soi, le public n’est pas censé aider ? Le public était totalement acquis à sa cause. Et pendant le tie-break du premier set, au moment de servir, elle s’est tournée deux fois vers lui pour dire : « Arrêtez de crier. »
J’ai noté dans mon carnet, dans le train de 7 h 32 : le public crie parce qu’il l’aime, elle lui demande d’arrêter parce qu’elle veut gagner, et lui veut qu’elle gagne. Tout le monde veut la même chose. Personne n’est d’accord.
Ensuite l’arbitre de chaise a demandé au public de ne plus se déplacer pendant les points. Puis, et c’est mon moment préféré, des supporters ont eux-mêmes demandé le silence à d’autres spectateurs entre les échanges. Donc des gens ont fait du bruit pour obtenir du silence. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait si ça compte comme du bruit.
Elle avait mené 5-3 dans ce premier set avant de perdre le tie-break. Après le match, elle a reconnu avoir eu du mal à gérer ses émotions quand elle voyait bouger dans les tribunes : « C’est mon problème, c’est mon problème. » Deux fois, comme pour le « Arrêtez de crier ». Je crois que c’est sa manière de dire les choses importantes.
Et en quittant le court, dans le vent et le frais, elle a lancé en chinois aux spectateurs : « Il y a beaucoup de vent aujourd’hui, ne prenez pas froid. » On leur demande le silence pendant deux heures, puis on s’inquiète de leur santé. C’est la relation la plus sincère que j’aie vue cette semaine.
Elle a pensé à leur écharpe. Le règlement, lui, n’y avait pas pensé.
Zheng, 54e mondiale, jouera Marie Bouzkova au troisième tour. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.



