Question bête, mais : qui prévient le joueur ?
Alexander Zverev a servi, le point s’est terminé en sa faveur, il a lâché ses balles et il est parti se mettre au retour de service. Pour lui, le match continuait. Il a fallu que l’arbitre dise « Game, Set and Match, Zverev » pour qu’il apprenne qu’il tenait son deuxième titre en Grand Chelem.
J’ai passé la matinée là-dessus.
Le score est écrit sur l’écran du stade, sur l’incrustation télé, sur le site du tournoi et sur le téléphone de tout le monde dans les tribunes. Le seul qui doit le retenir de tête, c’est le type qui joue. J’ai demandé pourquoi à trois personnes. On m’a répondu que c’est la tradition. D’accord. Mais encore ?
Sur le plateau d’ESPN, Zverev a donné sa version : au moment du point décisif, il se croyait à 5-1.
« Je pensais que j’étais à 5–1. Heureusement, parce que si j’avais su, j’aurais probablement fait trois doubles fautes au lieu d’une », a-t-il dit.
Ce bout de phrase m’a occupé un moment. Il explique qu’il a mieux servi parce qu’il ignorait l’enjeu. Donc l’information exacte l’aurait gêné. Dans les autres sports que je connais mal, savoir où on en est passe plutôt pour un avantage.
Roland, à qui j’ai posé la question dans le couloir, m’a répondu qu’en 1980 on comptait à voix haute et que ça suffisait.
Ce que je retiens : dans ce sport, le vainqueur peut être la dernière personne du stade au courant. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Zverev dit avoir commis une double faute dans ce match. Il en aurait fait trois, selon lui, avec le bon score en tête.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.


