Le fait d’abord. Zverev bat Shelton 6-3, 7-6 (2), 5-7, 6-2 dimanche soir à New York. Il breake dans le premier jeu du quatrième set, rebreake à 4-2, sert pour le match et le conclut sur sa première balle. Puis il ne célèbre pas. Il reste sur la ligne de fond, parce qu’il pense mener 5-1.
« I thought it was 5-1. I knew I broke him twice, but I thought it was 5-1 instead of 6-2, which helped me in a way, because I didn’t really get nervous serving out the match », a-t-il dit.
C’est cette phrase-là qui intéresse notre spécialiste des interclubs.
Ce qu’il décrit, c’est exactement mon dimanche. En double, personne ne connaît jamais le score. On demande à l’équipe d’en face, ils disent 40-30, nous on dit 30-40, on rejoue le point et voilà. Sauf que nous, on perd le jeu. Lui, il gagne l’US Open. La différence, c’est l’intention. Et le cordage, évidemment.
Sur le fond technique, il y a un point que le C30.4 refuse de lâcher : servir pour le titre sans savoir qu’on sert pour le titre, ça supprime la balle de match, donc la main qui tremble, donc la double faute.
Moi ma deuxième balle à 5-4, je la mets. Pas à chaque fois, mais je la mets. À deux entraînements près, hein. Donc la méthode Zverev, je l’applique dès la reprise : mon partenaire annonce un score faux, je joue détendu, et on ne me dit la vérité qu’après la poignée de main. Le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte.
Zverev n’a pas non plus entendu l’arbitre annoncer « Game, set, match », à cause du bruit du public. Sur le même court, en 2020, dans un stade vide, il menait Dominic Thiem de deux sets et avait perdu la finale.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors.


