Stefanos Tsitsipas est en huitièmes à Almaty, au Kazakhstan, contre le joueur local Mikhail Kukushkin. En conférence de presse, on lui a parlé de la Next Gen, sa génération, arrivée quand le Big Three dominait encore. Il a refusé de se comparer. Chaque carrière est différente, a-t-il expliqué, et il faut prendre en compte ce que chacun a traversé, pas seulement les résultats.
Sa phrase : « J’ai ma propre histoire. Leur histoire n’est pas la mienne, et mon histoire n’est pas la leur. Ce n’est pas seulement une question de résultats, c’est ce que vous traversez en tant que joueur ».
Enfin quelqu’un qui dit les choses. Moi, on me compare tout le temps. À la fille de mon double, montée en C15.1 cet hiver. Oui, les résultats. Mais personne ne regarde ce que j’ai traversé : une tendinite de trois semaines, juste après mon passage à C15.5, un cordage tendu à vingt-quatre kilos par erreur, et le néon du terrain 4 qui clignote depuis deux saisons.
Le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte. Dimanche, à dix heures, j’ai perdu en deux sets. Sur la feuille de match, il n’y a que le score. Aucune case pour les épreuves traversées. J’ai écrit dans la marge, au bic : il drache. On était en bulle.
J’ai rangé la feuille dans ma farde, avec les autres. Mon histoire n’est pas la sienne, et la sienne n’est pas la mienne, d’accord. À deux entraînements près, hein.
Chez nous, au whist, ma tante ne regardait jamais les points des autres. Elle comptait les siens deux fois. Le monsieur qui tenait le carnet, lui, comptait tout le monde.
Mon classement AFT tombe en janvier. Je compte joindre une lettre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




