Andrea Pellegrino est 145e mondial, un habitué du Challenger. À Rome, en mai, avec une invitation, il bat Frances Tiafoe et monte jusqu’en huitièmes. Là, Jannik Sinner. Le 1er octobre, dans un podcast, il explique qu’« on ne se rend compte de son envergure que lorsqu’on est près de lui » et qu’« à la télévision, beaucoup de choses échappent ».
Je connais ça. Pas avec Sinner, mais le principe. Il y a la joueuse qu’on voit depuis la buvette, avec son cornet, et celle qu’on a en face sur le terrain 4, sous le néon. De la buvette, son coup droit a l’air jouable. De près, il ne l’est pas. Enfin, il ne l’était pas ce dimanche-là, avec mon cordage qui avait lâché sa tension dans la bulle.
Donc je comprends Pellegrino. Mais lui a la chance de le dire en étant 145e. Moi, la 145e mondiale, je ne l’ai jamais vue de près, et je refuse qu’on me dise que l’écart serait le même. À deux entraînements près, hein. Le mardi soir, si le terrain 4 était libre.
Ce que je retiens techniquement, c’est l’autre phrase : au club à Rome, Sinner ne traînait jamais, il passait probablement directement du club à l’hôtel. Ça, c’est un schéma. Pas de buvette, pas de débrief, intention claire. Moi je reste une heure après chaque interclubs, pour la récupération, et ça se paie au deuxième set de la semaine suivante.
Le jeune homme rentrait à l’hôtel tout de suite. Ma tante faisait pareil après la messe, et personne ne lui reprochait son envergure. Celle qui reste à la buvette, elle, a toujours une explication.
J’ai décidé d’essayer dimanche : terrain, voiture, maison. Ma partenaire de double ramènera ma farde.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




