Elise Mertens est 14e mondiale. Cinq places gagnées en une mise à jour, publiée lundi par la WTA. Moi, cinq places, je ne sais même pas où on les compte. Mon classement AFT tombe en janvier, une fois par an, comme un verdict, et entre deux verdicts il ne se passe rien d’officiel. Elle, une semaine à Pékin et c’est réglé.
J’ai regardé son parcours avec ma farde ouverte. Coco Gauff, cinquième mondiale, éliminée. Iga Swiatek, neuvième, éliminée. Deux joueuses du top 10 dans le même tournoi. Mon schéma à moi, le dimanche à dix heures, c’est la même adversaire depuis trois saisons, et je ne la bats pas non plus. Mais j’ai des intentions. On ne peut pas me retirer les intentions.
Elle a perdu en demi-finale contre Zheng Qinwen, qui a ensuite gagné le tournoi chez elle. Perdre contre la gagnante, en analyse, c’est perdre contre la meilleure de la semaine. Je retiens ça pour mon propre bilan : l’an dernier, j’ai aussi perdu contre une joueuse qui a gagné tous ses matchs. Personne ne me l’a jamais compté comme une performance.
Ce qui me touche, c’est qu’elle a 30 ans et qu’elle approche de son meilleur classement, la 12e place, en 2018. Moi aussi j’ai un meilleur classement de référence, C15.5, avant la tendinite. La différence, c’est que le sien est dans les archives de la WTA. Le mien est surtout dans ma tête, et chez ma partenaire de double, qui soupire quand j’en parle.
Et puis il y a Jeline Vandromme, qui gagne cinq places et atteint le meilleur classement de sa carrière sans avoir joué. Sans jouer. Ça, c’est mon modèle. Je vais tenter la même méthode cet hiver, la bulle coûte cher de toute façon.
Alors, c’est très simple : la 14e place, je l’avais vue dès janvier. Pas le chiffre, l’esprit.
J’ai mis à jour ma farde. Mertens, 14e. Moi, C30.4, en attente de janvier.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.




