Question bête, mais à qui appartient la serviette ?
Je pose la question parce que mercredi, à Shanghai, Rafael Jodar, 20 ans, a reçu un avertissement pour conduite antisportive à cause d’elle. Il venait de perdre le premier set au tie-break contre Botic van de Zandschulp, puis de manquer une occasion de break. Il a réclamé sa serviette à un ramasseur de balles, en espagnol, avec deux jurons. Le juge de chaise, Jimmy Pinoargote, l’a averti. Jodar a expliqué que le match était tendu et que le ramasseur ne répondait pas assez vite. L’arbitre n’a pas changé d’avis. Jodar a gagné quand même, 6-4, 6-2 dans les deux sets suivants.
Moi, ce qui m’a arrêté dans le train de 7 h 32, c’est le mot « sa ». Sa serviette. Si c’est la sienne, pourquoi c’est quelqu’un d’autre qui la tient ? Je n’ai jamais confié mon essuie de bain à un inconnu pour qu’il me le rende entre deux shampoings.
On m’explique que c’est la tradition, d’accord, mais encore ? Le joueur s’essuie, le ramasseur reprend la serviette, il court, il revient, il la retend. Le ramasseur porte donc la serviette de quelqu’un d’autre pendant deux heures, devant des milliers de gens, et on ne lui a jamais demandé son avis. Et ce jour-là, en plus, on lui a crié dessus pour sa vitesse.
J’ai cherché s’il existait un temps réglementaire pour rendre une serviette. Une sorte de chrono de l’essuie. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait. En tout cas, personne autour de moi à la rédaction.
J’ai posé la question à Monique, qui a joué en Donnay.
À Couvin, chacun portait la sienne. Personne ne courait pour personne.
Ça veut dire qu’avant, la serviette était au joueur, et que maintenant elle est un peu à tout le monde. Sauf l’avertissement. Lui, il est resté chez Jodar.
Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.




