Alors, c’est très simple. Rafael Jodar a battu Tirante 4-6, 6-2, 6-3 à Shanghai, dix jours après avoir été sèchement battu par Vallejo à Tokyo. Je l’avais dit dès janvier : un garçon qui perd sèchement à Tokyo gagne en trois sets à Shanghai. Nonante pour cent des cas, et je suis gentil.
Ensuite, la conférence de presse. On lui demande s’il discute avec Juan Carlos Ferrero, s’il compte élargir son équipe. On lui rappelle même que Ferrero a récemment déclaré : « Ça ne me déplairait pas de travailler avec lui. » Et lui répond : « Pour l’instant, je vais me concentrer sur mon prochain match, qui s’annonce très difficile. Après cela, j’ai encore deux tournois à disputer, voire trois si je suis sélectionné pour la Coupe Davis avec l’Espagne, un tournoi qui me motive beaucoup. Il me restera ensuite environ un mois pour réfléchir à la saison prochaine et m’y préparer. »
Il n’a ni confirmé ni infirmé. Voilà un joueur qui a compris la presse. Moi, à Kitzbühel, en 92, on m’a demandé qui m’entraînait. J’ai répondu « moi-même », ce qui était vrai, et c’est pour ça qu’aucun journal ne l’a imprimé. On voit le résultat.
Attention, je ne dis pas le contraire de ce que j’ai dit. Je précise. Quand j’annonçais en janvier que Ferrero irait chez Jodar, je voulais dire que Jodar ne dirait rien. C’est la même prédiction, vue de l’autre côté du filet.
Mon problème est ailleurs. Jodar a un mois pour réfléchir à la saison prochaine. Un mois. Moi j’ai trente-quatre ans d’avance pour réfléchir à la sienne, et personne ne m’a demandé quoi que ce soit en conférence de presse. Je regarde la RTBF et Sporza tous les soirs. Toujours rien.
Jean-Pol, pour qu’on te pose une question en conférence de presse, il faudrait d’abord que tu gagnes un match, hein.
Céline confond tout. À Ferrero, ça ne déplairait pas de travailler avec lui ; à moi, ça ne déplairait pas qu’on me tende un micro. Le jour où Jodar aura fini ses deux tournois, voire trois avec la Coupe Davis, mon numéro sera dans l’annuaire du Léopold. Section capitaines.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




