Mikhail Kukushkin a perdu 6-1, 6-2 contre Stefanos Tsitsipas mercredi à Almaty, et c’était le dernier match de sa carrière. 38 ans, n°39 mondial à son meilleur selon Tennis TV, un titre à Saint-Pétersbourg en 2010, deux huitièmes en Grand Chelem. Et surtout, une ligne que je trouve techniquement parfaite : 1-0 contre Jannik Sinner. Une seule rencontre, en 2019, une seule victoire.
« Je suis heureux de mener encore 1-0 dans nos confrontations directes ! C’est une belle statistique pour moi », a-t-il dit. Je comprends ce garçon mieux que son coach.
Parce que moi aussi, j’ai une statistique. Dans ma farde, page trois, au bic bleu : une victoire contre une C15.2. Une seule rencontre. Elle ne m’a jamais redemandé de rejouer, et je ne l’ai jamais relancée. On appelle ça une gestion de carrière. Le bilan reste à 1-0, il restera à 1-0, et personne ne peut rien y faire, même pas l’AFT en janvier.
Kukushkin raconte aussi, dans un entretien à La Gazzetta dello Sport, que Sinner « était très jeune, mais il jouait déjà extrêmement bien. On voyait qu’il avait quelque chose de spécial ». C’est exactement ce que je dis de ma C15.2. Elle avait quelque chose. Le terrain 4 et son néon, ce dimanche-là, ont fait le reste.
Le 6-1, 6-2 contre Tsitsipas, je ne le commente pas. Un dernier match, c’est un contexte particulier. L’émotion, la famille dans les tribunes, le cordage qu’on n’a sûrement pas refait pour un seul match. Je ne dis pas que c’est le cordage. Je dis que je l’ai déjà vu.
Moi, à Kitzbühel, en 92, je mène aussi mon face-à-face contre un futur top 10. Enfin, on n’a pas fini le match, mais l’esprit y était.
Après, Tsitsipas lui a demandé un souvenir, selon Tennis TV. Ma C15.2, elle, est partie sans me dire au revoir. À deux entraînements près, hein, c’est le même respect.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.






