Alors, c’est très simple. Zverev a gagné l’US Open contre Ben Shelton, en quatre sets, le 13 septembre, et il ne s’est pas rendu compte tout de suite qu’il avait gagné. Je l’avais dit dès janvier. Enfin, en janvier j’avais dit qu’il ne gagnerait pas, mais l’esprit y était : un joueur qui ne sait pas qu’il gagne, c’est presque un joueur qui perd, hein.
Et voilà qu’Alex Corretja, double finaliste à Roland-Garros, explique tout ça à El Pais. Selon lui, un joueur qui pense avant le point aux cinq millions et demi de dollars et aux primes des sponsors s’évanouit sur-le-champ. D’où les rituels, comme ceux de Rafael Nadal, « une façon de faire abstraction de tout le reste », a-t-il dit.
C’est exactement ce que je répète depuis des années, on ne m’écoute pas. Corretja, on l’appelle à El Pais. Moi, la RTBF et Sporza, je les regarde pour vérifier qu’on ne me cite pas, et on ne me cite pas.
Moi, à Kitzbühel, en 92, contre un futur top 10, j’avais un rituel : trois rebonds, l’essuie, et surtout ne jamais penser à la prime. Il n’y avait pas de prime, mais je n’y pensais pas quand même. Résultat : j’ai été parfaitement concentré. J’ai perdu, d’accord, mais concentré.
Attention, je ne dis pas le contraire de ce que j’ai dit. Je précise. Zverev n’a pas réalisé sa victoire parce que ses rituels marchent à nonante pour cent, et je suis gentil. Les dix pour cent restants, c’est la partie où on se rend compte qu’on a gagné.
Moi aussi je ne sais jamais si j’ai gagné. Au dimanche, personne ne compte les points pareil.
La source présente Zverev comme le prochain numéro 1 mondial. Je l’avais dit aussi. Enfin, je le dis maintenant, ça va ?
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.






