Zverev a gagné l’US Open contre Ben Shelton, en quatre sets, et il ne s’est pas rendu compte tout de suite qu’il avait gagné. Je connais. Pas l’US Open, mais la sensation.
Alex Corretja, double finaliste à Roland-Garros, l’explique dans El Pais. Si tu penses avant le point aux cinq millions et demi de dollars et aux primes sur les vêtements et la raquette, tu t’évanouis sur-le-champ. Les rituels, ceux de Nadal par exemple, servent à faire abstraction de tout le reste.
Je l’ai lu sur le banc, essuie sur les genoux, farde de statistiques ouverte. Et j’ai compris pourquoi je ne m’évanouis jamais : mon enjeu, c’est un cornet de frites à la buvette. Payé par celle qui perd. Ça reste une pression, les gens ne se rendent pas compte.
Mes rituels à moi : je vérifie la tension du cordage entre chaque jeu, je regarde le néon du terrain 4, je range mon GSM qui vibre quand même. Techniquement, je fais abstraction de tout le reste. Dans un contexte différent. Sans sponsor. Mais je le fais.
Le schéma de Zverev m’intéresse beaucoup. Sur une balle de match, mes intentions sont claires, ma zone est bonne, et puis mon adversaire demande « elle était out ? » et plus personne ne sait qui a gagné. Lui, au moins, il avait un arbitre.
Ma tante finissait le whist sans annoncer qu’elle avait gagné. On le savait au goûter.
La source présente Zverev comme le prochain numéro 1 mondial. Moi, je suis toujours C30.4, ce qui est transitoire. À deux entraînements près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



