Robinson Le Meur, -4/6, 23 ans, renonce parfois à des tournois pour ne pas prendre l’avion. Il l’a dit à Ecolosport le 7 octobre. J’ai lu ça sur mon GSM, l’essuie encore sur l’épaule, entre deux sets du mardi soir. Et je me suis sentie comprise.
Parce que moi aussi, je renonce à des tournois. Celui de Liège, je ne l’ai jamais joué. Celui de Mons non plus. Personne ne m’a jamais demandé pourquoi. Maintenant j’ai une réponse : la planète. Ce n’est pas le niveau, c’est une position.
Il dit : « Grappiller quelques places au classement mondial ne va pas changer ma vie. » Ça, je le valide techniquement. Moi, mon classement AFT, je l’attends en janvier comme un verdict, et il ne change pas ma vie non plus. Il ne change pas tout court, d’ailleurs. C30.4, transitoire. Je le dis comme lui : je sacrifie un peu de performance sportive. La différence, c’est qu’il a de la performance à sacrifier.
Il a croisé Novak Djokovic aux Jeux olympiques de Paris 2024. Moi j’ai croisé une B-15 à la buvette en avril. On a parlé cordage. C’est un peu la même énergie, à deux entraînements près, hein.
La jeune femme renonce aux tournois en train aussi, je crois. Et en voiture. Et à pied.
Il trouve la Fresque écologique de la FFT « un peu léger ». Elle a sensibilisé 37 523 personnes depuis 2021. Je n’en faisais pas partie : ça tombait un dimanche à dix heures, et le dimanche à dix heures, j’ai interclubs.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.






