La finale s’est terminée sur un ace, 6-4, 5-7, 6-2 pour Rybakina. Sabalenka a rejoint son équipe. Une caméra s’est approchée. Elle a demandé, en une insulte, qu’elle s’éloigne.
Roland a suivi la séquence sans se lever de son fauteuil.
En 1980, la caméra restait au bord du court. Elle filmait le vainqueur, elle filmait le filet, elle filmait le ciel s’il n’y avait rien d’autre. Elle ne descendait pas dans la loge pour recueillir la respiration de quelqu’un qui vient de perdre une finale. Je ne critique pas. Je compare. On a inventé un métier qui consiste à s’approcher très près d’un être humain au pire moment de son année, et on s’étonne qu’on lui parle mal. Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là. Enfin. C’est l’époque.
L’intéressée a donné sa version quelques minutes plus tard. « It’s really tough to control your emotions when you lose in the final of the Grand Slam and when you were trying to go for three-peat », a dit Sabalenka, qui a ajouté que garder tout à l’intérieur l’aurait empêchée de dire un mot.
Le contexte de la journée n’aidait pas. Vingt victoires consécutives à Flushing Meadows, double championne, une troisième couronne de suite en vue, et une défaite en trois sets. À 28 ans, elle terminera l’année sans titre du Grand Chelem pour la première fois depuis 2022. Ses cinq défaites en finale de Grand Chelem sont toutes arrivées en trois sets, deux fois après avoir gagné la première manche.
Sur BBC Radio 5 Live, Annabel Croft a parlé du premier set : « she had been very negative on herself with her body language in that first set and suddenly the emotions got the better of her ».
Roland, lui, s’en tient à sa position sur le cadre. « Dans le padel, il y a une vitre, alors on filme à travers, et on trouve ça moderne. Le mur du garage, en 1962, ne me filmait pas. » Rybakina compte désormais trois titres du Grand Chelem et la première place mondiale, après les 99 semaines de Sabalenka au sommet.
Le fait est vrai, on a vérifié : BBC Sport.



