Le jeune Moïse Kouame a battu l’Italien Lorenzo Sonego, 7-6, 6-4, lundi à Lyon. Il a 17 ans. On l’avait invité, ce qui se fait, et il a remercié en gagnant, ce qui se fait moins.
Il a eu cinq balles de break contre lui. Il les a toutes sauvées. Une heure cinquante-deux de match, et pas une seule fois il n’a laissé filer son jeu.
Son entraîneur s’appelle Richard Gasquet. On me dit que Monsieur Gasquet avait gagné un match dans ce même tournoi à 16 ans, en 2003, et que le petit est désormais troisième sur la liste, juste derrière lui et Roger Federer. Le professeur devant l’élève, donc.
Je ne critique pas. Je compare. À Couvin, mon frère m’apprenait la balle contre le mur du garage. Il gardait toujours une longueur d’avance, il y tenait. Le jour où j’ai tenu plus longtemps que lui, il a repeint le mur. Monsieur Gasquet n’a pas encore de pinceau, je pense.
Au prochain tour, ce sera Lorenzo Musetti, tête de série numéro 6. Ils ne se sont jamais rencontrés. J’espère que quelqu’un aura pensé à lui faire manger quelque chose avant.
Question bête, mais si c’est Gasquet qui est devant dans la liste, est-ce qu’il a le droit de s’entraîner contre son élève, ou c’est de la triche ?
Le jeune homme, lui, a converti sa première balle de match. Il ne s’est pas fait prier. Les murs, à l’époque, si.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors.





