Moïse Kouame a battu Lorenzo Sonego 7-6, 6-4 à Lyon. Il a 17 ans, cinq ans de moins que moi. Et il a sauvé cinq balles de break. J’ai lu ça dans le train de 7 h 32 et j’ai d’abord pensé à un sauvetage.
Question bête, mais qui casse les balles ? On m’explique que non, la balle va bien, c’est le service de l’autre qu’on « breake ». Donc Sonego a eu cinq fois l’occasion de casser le service de Kouame, et Kouame a cinq fois réparé avant que ça casse. D’accord. Mais si c’est sauvé, pourquoi on compte quand même la balle ?
J’ai lu le déroulé. Deux balles de break à 5-5 dans le premier set. Puis un tie-break, et là Sonego fait cinq fautes directes. Je pensais qu’une faute était toujours directe. Une faute indirecte, ça existe ? J’ai vérifié, et en fait personne ne sait m’expliquer sans dessiner.
Deuxième set : encore deux balles de break pour Sonego à 2-1, sauvées. Ensuite c’est Kouame qui casse, pour mener 4-3. Lui, il ne sauve rien, il casse. Puis il tient son service deux fois « après égalité ». Égalité, c’est 40-40, pas 0-0. Ça, je l’ai appris la semaine passée, je suis assez fier.
Et il a converti sa première balle de match. Converti en quoi ? En victoire, m’a-t-on dit. Ça se tient.
Cinq fois on a essayé de lui prendre quelque chose, cinq fois il l’a gardé. Chez nous, on appelait ça être poli avec ses affaires. Le règlement, lui, appelle ça une balle.
Le match a duré 1h52. Au tour suivant, Lorenzo Musetti, tête de série numéro 6. Tête de série, ça aussi, je note. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors.


