Question bête, mais : qui écrit « Championship Point » sur l’écran d’un stade ?
J’ai commencé à me le demander lundi matin, en lisant ce que Juan Martín del Potro a raconté sur ESPN Argentina après la victoire d’Alexander Zverev. Il s’est dit impressionné par la concentration de Zverev pendant toute la rencontre, puis il a parlé de sa propre finale, celle de 2009, qu’il a gagnée contre Roger Federer.
« Je me souviens d’une anecdote : lors de la finale de 2009, je menais 5–2 et Roger Federer servait à 15–40. J’ai levé les yeux et j’ai vu écrit « Championship Point ». Automatiquement, je me suis retrouvé à égalité parce que j’avais commis l’énorme erreur de regarder l’écran. Je pense que ce que Zverev a très bien fait aujourd’hui, c’est justement de ne pas savoir, ou de ne pas vraiment réaliser, où il en était dans le score », a-t-il dit.
Donc si je comprends bien : dans ce sport, on demande à quinze mille personnes de se taire complètement pendant le point, on fusille du regard celui qui applaudit entre les deux services, on interdit les flashs — et au même moment on affiche en lettres de deux mètres l’information la plus difficile à porter de toute la carrière d’un joueur. Gratuitement. En anglais. Au-dessus de sa tête.
J’ai demandé qui appuyait sur le bouton. On m’a répondu que c’était automatique, puis que c’était l’opérateur, puis que c’était « le protocole du tournoi ». Trois personnes, trois réponses. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait vraiment. Ce que je retiens, c’est qu’on a un métier, quelque part, qui consiste à prévenir un joueur qu’il a une balle de titre alors qu’il essaie surtout de ne pas y penser.
Roland, à qui j’ai posé la question : « En 1980, l’information venait de l’arbitre. Elle arrivait plus tard. Personne n’en est mort. Enfin. C’est l’époque. »
Del Potro a disputé deux finales de l’US Open et en a remporté une, en 2009, contre Federer. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.


