Arthur Fils a perdu contre Botic Van De Zandschulp à Shanghai, 7-5, 6-4. Une balle de break convertie sur neuf. Zéro sur sept dans le premier set. Les gens lisent ça comme une catastrophe. Moi je lis ma feuille de match de dimanche.
Une sur neuf, chez nous, c’est un ratio d’équipe première. J’ai ouvert ma farde de statistiques sur le banc de la buvette, entre le cornet et l’essuie : ma saison tourne autour d’une sur onze, et ce n’est pas faute de schémas. Sur balle de break, j’ai une intention claire. Elle sort, mais elle est claire.
Ce qui m’intéresse, c’est la raquette. Il perd son service à 5-5 et il la casse sur le sol. Techniquement, c’est le bon timing : on ne casse pas à 4-5, on n’a encore rien perdu, et on ne casse pas à 5-7, c’est trop tard pour que ça serve. À 5-5, le set est encore jouable avec une raquette fraîche, cordée pareil. C’est de la gestion de matériel. Moi j’ai une seule raquette correctement cordée, alors je garde ma tension pour moi, et ça se voit dans le jeu.
Après, il a dit à L’Équipe : « Il y a pas mal de tension, j’essaie de relâcher la tension. J’ai encore des balles de break et ça ne passe pas. » Tension. Il parle du match. Moi j’entends cordage. Et je pense qu’on dit la même chose.
Dans le deuxième set, il a changé de t-shirt et de poignets « pour repartir ». Il a débreaké. Il dit qu’il fait un très mauvais jeu à 3-3. Le très mauvais jeu à 3-3, je le joue. Pas à chaque fois, mais je le joue.
Céline, à Kitzbühel, je changeais de poignets à chaque changement de côté. Nonante pour cent des breaks, et je suis gentil.
Il est 10e mondial. Ce dimanche, je change de poignets à 3-3, pour voir.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.






