Arthur Fils a perdu au troisième tour du Masters 1000 de Shanghai contre Botic Van De Zandschulp, 7-5, 6-4. Il est 10e mondial. Il a eu neuf balles de break. Il en a converti une. Dans le premier set, c’était zéro sur sept.
À 5-5, il perd son service et il casse sa raquette sur le sol. Après le match, L’Équipe lui pose la question. Il répond : « Il y a pas mal de tension, j’essaie de relâcher la tension. J’ai encore des balles de break et ça ne passe pas. »
Question bête, mais je voudrais une échelle. J’ai sorti mon carnet dans le train de 7 h 32 et j’ai essayé de la dessiner. Si une raquette en morceaux, c’est « pas mal », qu’est-ce qui vient après ? « Assez bien de tension » ? « Beaucoup » ? Est-ce qu’il existe un mot pour deux raquettes ? J’ai tracé trois colonnes. Arrivé à Bruxelles, elles étaient toujours vides.
Et puis il y a la phrase d’après. Il dit qu’il essaie de relâcher la tension. Donc je relis la scène : la raquette part sur le sol, c’est peut-être ça, relâcher. Il a fallu une raquette pour vider la tension d’un seul jeu. J’ai fait le calcul pour huit balles de break ratées, et j’ai préféré ne pas finir l’addition.
Sur le deuxième set, il raconte qu’il change de t-shirt et de poignets « pour repartir ». Ça, je comprends. C’est le seul moment du tennis où on enlève quelque chose pour aller mieux, et ça marche : il a débreaké, il le dit lui-même, « pas mal ». Encore « pas mal ». Le même mot sert donc pour la tension et pour le débreak. Le tennis a un seul adjectif et il le prête à tout le monde.
Quelques jours plus tôt, à Tokyo, il avait perdu contre Valentin Vacherot alors qu’il avait un break d’avance dans les trois sets. J’ai cherché un mot pour ça aussi.
Maxime, un break d’avance dans les trois sets, c’est le cordage. Je ne discute pas.
J’ai noté « cordage » dans la quatrième colonne. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



