Alexander Zverev a battu Alex de Minaur en quart de finale à Shanghai. Ensuite, on lui a posé une question sur ses rebonds de balle avant de servir. Pas sur le match. Sur les rebonds. J’ai trouvé ça normal, parce que moi aussi je me la posais depuis l’US Open.
Il a répondu ceci : « Tous ces rebonds de balle avant de servir ? C’est une habitude inutile, je dois me corriger. Si ce que je fais peut déconcentrer quelqu’un, je ne veux pas continuer comme ça. »
Question bête, mais si c’est inutile, pourquoi tout le monde le fait ? J’ai regardé d’autres joueurs servir, dans le train de 7 h 32, sur mon GSM. Ils font tous rebondir la balle. Certains deux fois, d’autres quatre. Personne n’a su me dire s’il existe un nombre réglementaire. Je creuse.
Selon We Love Tennis, à New York, il prenait parfois 10 à 15 secondes supplémentaires entre ses deux services. Dix à quinze secondes, c’est le temps qu’il me faut pour retrouver la page de mon carnet où j’ai noté comment on compte les points. Je l’ai chronométré, s’il vous plaît.
Ce qui m’intrigue, c’est le « quelqu’un ». Qui se déconcentre ? L’adversaire, qui attend ? Le public, qui n’a pas le droit de parler et doit donc regarder la balle monter et descendre en silence ? Au foot, quand un joueur prend son temps avant un corner, on siffle. Au tennis, on se tait et on compte dans sa tête.
On m’explique que c’est un rituel, que ça aide à se concentrer. D’accord, mais encore ? Il dit lui-même que c’est inutile. Donc il existe un geste que le joueur trouve inutile, que les observateurs trouvent agaçant, et qui a duré quand même jusqu’en octobre.
Il a dit qu’il allait se corriger. Il faudrait que quelqu’un lui dise que c’est déjà beaucoup.
Il se donne quelques mois. J’ai demandé à la rédac combien de rebonds on garde quand on arrête. Trois réponses différentes. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




