Arthur Rinderknech a battu l’Italien Mattia Bellucci 6-4, 6-1 au deuxième tour du Rolex Paris Masters. Après, il a dit : « Ouais, ça fait du bien de faire un match plein. Voilà, gagner vraiment un peu en écrasant le mec, ça fait du bien, alors que c’est un très bon joueur. »
Question bête, mais il n’a pas le droit ? J’ai lu ça dans le train de 7 h 32 et ça m’a paru très normal. Il a gagné, il est content. Quand j’ai réussi mon examen, j’ai dit pareil à ma voisine de kot.
À la rédaction, on m’a expliqué qu’en général les joueurs disent autre chose. Qu’ils prennent les matchs un par un. Qu’ils respectent l’adversaire. J’ai demandé s’ils étaient moins contents. On m’a dit non, ils sont aussi contents, ils le disent juste en plus long. On m’explique que c’est la tradition, d’accord, mais encore ?
Et il a quand même dit que Bellucci est un très bon joueur. Dans la même phrase. J’ai compté : l’écrasement et le compliment tiennent en deux lignes. C’est plutôt efficace.
Autre mystère. Il estime avoir converti presque quatre balles de break sur quatre, ou trois sur trois. Je croyais que les joueurs connaissaient leurs chiffres par cœur. Lui non, et il a gagné 6-1 quand même. Ça me rassure pour mes notes.
Il a aussi dit que la surface a été accélérée mais n’est pas extrêmement rapide. J’ai demandé comment on accélère un sol. Trois personnes m’ont répondu trois choses différentes. Je creuse.
On accélère un sol comme on accélère une tarte au riz : on ne le dit pas aux invités.
En huitièmes, il joue Ben Shelton, tête de série n°3, qu’il décrit comme un très grand serveur gaucher qui se bat de A à Z. Pour le battre, il faudra un match plein, dit-il. Il a déjà joué un huitième à Paris il y a deux ans. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.




