Alors, c’est très simple. Arthur Rinderknech a battu Mattia Bellucci 6-4, 6-1 mercredi au Rolex Paris Masters, et après il a dit la phrase que je répète depuis des années : « Ouais, ça fait du bien de faire un match plein. Voilà, gagner vraiment un peu en écrasant le mec, ça fait du bien, alors que c’est un très bon joueur. »
Voilà. Un joueur qui dit qu’il est content d’avoir gagné. Sans « un match à la fois », sans « je respecte énormément mon adversaire » en premier. Le respect arrive après, en fin de phrase, comme il se doit. C’est l’ordre correct, hein. Moi, à Kitzbühel, en 92, je l’avais dit au micro d’une radio autrichienne, ou suisse, le contexte était différent. On ne m’a pas repris. Personne ne reprend jamais les bonnes phrases.
Il dit aussi avoir converti presque quatre balles de break sur quatre, ou trois sur trois. Il ne sait plus. Moi je sais : quand on gagne 6-1, on ne compte pas, on encaisse. Nonante pour cent des joueurs comptent quand ils perdent, et je suis gentil.
La surface, d’après lui, a été accélérée sans être extrêmement rapide, raisonnablement rapide pour une salle. Je l’avais dit dès janvier. Enfin, j’avais dit que les salles étaient des salles. L’esprit y était.
Maintenant, Ben Shelton, tête de série n°3. Rinderknech le décrit comme un très grand serveur, gaucher, qui volleye très bien et se bat de la première à la dernière balle. Il faudra, dit-il, un match plein. Je ne dis pas que c’est perdu. Je ne dis pas que c’est gagné. Je précise.
Jean-Pol, tu as dit « je respecte énormément mon adversaire » dimanche à la buvette avant de prendre 6-0 au premier set.
C’était avant le match, ça va ? Avant, c’est de la courtoisie. Après, c’est de l’analyse. Il a déjà disputé un huitième à Paris il y a deux ans, il apprécie de continuer devant le public français. Moi j’apprécie qu’on ait enfin quelqu’un qui parle comme moi.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.




