Rafael Nadal a dit à GQ que ses pantalons de pirate et ses maillots sans manches du début de carrière, il les trouve « horribles ». Il a ajouté qu’à cette époque il a forgé son identité, et qu’on le reconnaissait à ces tenues extravagantes. J’ai lu ça sur le banc, l’essuie sur les genoux, en jogging. Le même jogging depuis mon passage à C15.5. Avant la blessure, donc.
Le problème, c’est que moi, je n’ai rien à regretter. Pour regretter une tenue, il faut en avoir eu une. Mon identité sur le terrain 4, c’est un short bleu marine, un t-shirt de tombola et le GSM qui vibre dans la poche. Personne ne m’a jamais reconnue à ça. On me reconnaît à ma farde.
Ce qui me parle, techniquement, c’est le reste. Son équipe travaillait les tenues un an et demi à l’avance. Pendant huit à dix ans, ça se décidait sur photos à l’ordinateur, et le rendu réel pouvait être complètement différent. Ça, je connais. C’est exactement mon cordage : commandé sur le site, tension parfaite à l’écran, et le dimanche la balle sort de deux mètres. Lui a quand même gagné Roland-Garros quatorze fois avec le rendu différent. Le niveau a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte.
Le pantacourt, je l’avais validé dès le début, hein. Enfin, au début de la fin.
Il dit être plus fier des tenues de fin de carrière. J’en tire un schéma : il faut d’abord une période horrible pour avoir une période dont on est fière. J’ai donc lancé ma période horrible ce dimanche, avec un bandana. On a perdu le double, mais à deux entraînements près, hein. Et ma partenaire ne m’a pas reconnue.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



