Le jeune homme a pris sa retraite il y a deux ans, et voilà qu’il regarde ses anciens pantalons. Il les trouve horribles, a-t-il dit au magazine GQ. Les pantalons de pirate, les maillots sans manches. Il dit aussi que c’est la vérité. Je n’en doutais pas.
Ce qui m’a arrêtée, c’est l’explication. Pendant huit à dix ans, on choisissait ses tenues sur des photos à l’ordinateur. Et le rendu réel, dit-il, pouvait être complètement différent. Son équipe y travaillait un an et demi à l’avance.
Chez nous, à Couvin, on achetait un short chez la mercière. On le touchait, on le tenait contre soi devant le miroir, et la dame disait si ça allait. Ça prenait dix minutes. Ça allait presque toujours.
Il a gagné Roland-Garros quatorze fois, avec un bandana et des cheveux longs, et on le reconnaissait de loin, il le dit lui-même. Il en est fier quand même, à sa façon. Les tenues de la fin lui plaisent davantage. Tant mieux pour lui.
Ma tante aurait mis dix-huit mois à mélanger les cartes, mais au moins elle les regardait. Lui, on lui faisait confiance sur une photo. La photo, elle, savait très bien ce qu’elle faisait.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



