Arthur Fils est en quarts de finale à Bruxelles. Il n’a pas encore joué. Il était exempté du premier tour, ce qui est une politesse qu’on fait aux têtes de série. Puis le jeune homme qu’il devait rencontrer mercredi, Jaume Munar, a déclaré forfait mardi. On ne dit pas pourquoi. On ne demande pas.
Monsieur Munar avait pourtant gagné lundi, 6-4, 6-3, contre un Italien, Federico Cina, venu des qualifications. Il avait fait l’effort de venir. C’est déjà beaucoup.
Chez nous, à Couvin, quand quelqu’un était invité le dimanche, on mettait la nappe la veille. Ma tante sortait les verres du buffet. Un dimanche, l’invité n’est pas venu. On a mangé quand même, à sa place. Personne n’a fait de commentaire, et la tarte au riz a été partagée en un morceau de moins.
Monsieur Fils se retrouve, lui, avec une table mise et une chaise vide. Il est le premier qualifié pour les quarts à l’ING Arena. Il jouera un Américain, Alex Michelsen, ou le gagnant du match entre David Goffin et un Suisse, Remy Bertola, qui était entré dans le tableau par la petite porte. David Goffin dispute là le dernier tournoi de sa carrière. Une Belge en quart, de mon temps, c’était la Une. Un Belge au dernier tournoi, on regarde, en famille.
J’espère qu’on a pensé à donner quelque chose à manger à Monsieur Fils pendant qu’il attendait. Il est engagé dans une course vers Turin. Il y avance sans courir.
Le monsieur qui fait le tableau, lui, n’a rien eu à ranger.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.




