Carlos Alcaraz a accepté une invitation pour l’ATP 500 de Vienne. Le tournoi n’était pas prévu. Premier tour contre Karen Khachanov, mardi vers 15h30. Il sort de quelques semaines sans compétition et il l’a dit en zone mixte : il a besoin de tournois pour retrouver son meilleur niveau, il n’en a pas disputé beaucoup cette année.
Je connais. Exactement ce schéma-là. Quand mes intentions ne passent plus, quand mes zones sont floues, je m’inscris à un truc de dernière minute. Pas pour gagner. Pour remettre du match dans les jambes. L’entraînement, c’est bien, mais le terrain 4 avec son néon ne te dit pas où tu en es.
Sa phrase, je l’ai lue deux fois : « Je suis satisfait de la façon dont je joue et de mon niveau actuel, mais j’ai l’impression de ne pas encore être tout à fait dans le coup. » C’est mot pour mot ce que je dis à ma partenaire de double après un premier set perdu. Elle ne répond jamais. Elle me tend l’essuie.
Et il a ajouté : « J’ai besoin de venir ici, de m’entraîner avec ces gars, de les affronter pour retrouver mon rythme, ou du moins de le retrouver petit à petit. » Petit à petit. Voilà un joueur qui comprend la progression. Moi aussi je remonte petit à petit, depuis C15.5. Bon, je redescendais à ce moment-là, mais c’était la tendinite.
Sa saison selon We Love Tennis : quart à l’US Open, battu par le finaliste Ben Shelton au super tie-break du cinquième set, titre à Tokyo, troisième tour à Shanghai. Un titre, une défaite au super tie-break du cinquième, une sortie précoce. J’ai la même saison, en plus petit. Sans le titre. Sans Shelton. Sans cinquième set.
Chez nous, quand on avait mal joué au whist, on reprenait une partie avant de rentrer, pour ne pas rester sur ça. Personne n’appelait ça une invitation. On appelait ça rester pour le café.
Lui vise Paris, Turin et la Coupe Davis. Moi, ma saison commence vraiment en mai.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




