Alcaraz a battu Fritz 6-7 (10), 7-5, 6-3 en quarts du Rolex Paris Masters. Deux balles de match sauvées, première demi-finale à Paris. Mais moi, ce que je retiens, c’est le dernier jeu.
5-3 au troisième, il sert pour le match. Double faute. Je connais cette sensation dans le bras : le terrain 4, dix heures, le dimanche, le néon qui grésille. Là où ça se sépare, c’est qu’il a ensuite gagné quatre points d’affilée, les deux derniers sur un ace et sur un service suivi d’un coup droit. Moi, après la double faute, j’en fais une deuxième, par cohérence. À deux entraînements près, hein.
Le premier set, je l’ai vécu aussi. Servir pour la manche à 5-4, se faire débreaker, puis perdre le tie-break 12-10. Vingt-deux points. Chez nous, à ce stade, quelqu’un a déjà demandé si on peut finir avant la buvette. Fritz a sauvé trois balles de set et a converti sa troisième. Schéma propre, intentions claires.
Et puis il y a la zone mentale. Alcaraz explique que le public l’a ramené dans le match. Mon public à moi, c’est ma partenaire de double et son GSM. Elle vibre à chaque échange. Le GSM, je veux dire. Je ne dis pas que c’est pour ça que je ne remonte pas. Je le pense.
Question bête, mais si on commence le jeu du match par une double faute, est-ce que ça porte chance ? Je veux essayer.
Samedi, il joue le vainqueur de Borges-Ruud. Je regarderai ses premières balles au service du match, carnet en main, farde ouverte. Si je vois une double faute, je saurai qu’on travaille la même chose. Moi ma saison commence vraiment en mai.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors.



