Seize heures de tennis sur une journée. Début à 11h30 le mardi, fin à 3h33 le mercredi, quatre cinquièmes sets dans quatre matchs. Ben Shelton a battu Carlos Alcaraz au bout de 4h28 dans un tie-break du cinquième set ; l’Espagnol a quitté l’Arthur Ashe à 3h40.
Côté femmes, le tableau a tenu jusqu’au bout : tout le top 6 en quarts, puis les quatre premières mondiales en demi-finales, ce qui n’était plus arrivé depuis 51 ans. Zheng Qinwen est revenue de 0-5 à 7-5 dans le troisième set contre Madison Keys au troisième tour, puis a refait la même chose dans le premier set de son huitième contre Iga Swiatek. Aryna Sabalenka a renversé Linda Noskova, championne de Wimbledon à 21 ans, pour atteindre la finale. Coco Gauff a joué les demies un an après un tournoi où l’état de son service l’avait fait pleurer sur le court. Elena Rybakina a gagné le titre.
Notre spécialiste des interclubs a regardé tout ça avec la calculette du dimanche.
Ce retour de 0-5, je le fais. Pas à chaque fois, mais je le fais. Le problème chez nous, c’est qu’à 0-5 le capitaine a déjà rangé les balles neuves et commandé les croque-monsieur. Et 3h33, franchement, c’est jouable : moi je finis à 20h15 et je suis cuit, mais avec l’éclairage du terrain 4, 20h15 c’est déjà la nuit polaire. À deux entraînements près, hein. Le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte.
Le contexte, lui, est moins glorieux. Dans The Guardian, Tumaini Carayol a qualifié le 14 septembre cet US Open de pire tournoi du Grand Chelem de mémoire récente, entre les fuites d’eau au centre des médias, la boutique inondée par un tuyau cassé et le panneau à l’entrée de l’Arthur Ashe : « Pardon our appearance while we write the next chapter of Arthur Ashe Stadium. »
À 3h33 du matin, en 1980, on ne jouait pas les quarts. On dormait, et le lendemain on lisait le score dans le journal. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Guardian.


