Elena Rybakina a gagné l’US Open samedi, 6-4, 5-7, 6-2 contre Aryna Sabalenka. Le dernier point est un ace. Ensuite : bras levés, trois petites flexions, fini. J’ai regardé deux fois, persuadé d’avoir manqué un morceau.
Moins de dix secondes. Pour un premier titre à l’US Open et un troisième en Grand Chelem.
Question bête, mais il existe une durée prévue ? J’ai demandé autour de moi. On m’a répondu que « ça dépend des joueuses », ce qui est une manière polie de dire que personne ne sait. J’ai cherché un texte, un barème, une ligne quelque part : rien. La joie, personne ne la chronomètre. Alors je l’ai fait.
Et il y a le précédent, qui n’aide pas. Rybakina est devenue numéro 1 mondiale au classement paru le lundi d’avant la finale, après sa victoire en quarts contre Zheng Qinwen. L’Équipe écrit qu’elle avait « à peine levé un sourcil ». Donc : devenir la meilleure joueuse du monde, un sourcil. Gagner l’US Open, trois flexions. J’essaie d’établir l’échelle et je bloque au milieu.
J’ai fait le calcul : trois flexions pour un Grand Chelem, ça fait une flexion par titre majeur. Si elle en gagne un quatrième, on est sur quatre flexions, et là on dépasse les dix secondes. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait ce qui se passe à ce moment-là. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Un collègue plus ancien m’a dit une phrase que je note ici telle quelle.
Trois flexions. En 1980, on tombait à genoux, et on y restait le temps qu’il fallait. Je ne critique pas. Je compare.
L’Équipe décrit son jeu comme « perforant tout en fluidité » et la présente comme la nouvelle patronne du circuit. Ça, au moins, ça se mesure au score : 6-4, 5-7, 6-2.
Le fait est vrai, on a vérifié : L'Équipe.



