Alexander Zverev est numéro 1 mondial depuis ce lundi. Et le même lundi, il y a déjà des gens pour dire qu’il ne le mérite pas, parce qu’il a perdu tous ses duels contre Jannik Sinner, Carlos Alcaraz et Novak Djokovic cette saison.
Je connais. Exactement. Quand je suis montée à C15.5, avant la tendinite, on m’a dit au club que c’était parce que mes adversaires avaient forfait. Deux sur trois. Mais je les aurais battues, techniquement.
Lui a deux Grands Chelems, Roland-Garros et l’US Open. Moi j’ai le tournoi de la buvette. Le schéma est le même : tu gagnes ce qu’on te met devant, et après on discute de ce qu’on ne t’a pas mis devant.
Ce qui m’intéresse, c’est sa lettre, publiée par l’ATP. Il écrit : « Ce n’est pas de cette manière que l’on souhaite atteindre le sommet du tennis. Idéalement, on deviendrait n° 1 mondial lorsque tout le monde est en bonne santé et joue à son meilleur niveau. Mais me voilà : n° 1 mondial. »
« Mais me voilà. » Ça, en termes d’intentions, c’est une zone parfaite. Il concède tout dans les deux premières phrases, et la troisième ferme le point. Moi, j’aurais parlé du cordage. Il ne parle même pas du cordage. Ça, c’est le niveau mondial.
La petite écrit des lettres, au moins. Il y en a qui ne remercient même pas pour le dîner.
Ce dimanche, à dix heures, quand on me dira que ma victoire ne compte pas parce qu’il drachait, je ne discuterai pas. Je dirai : mais me voilà. Le classement AFT tombe en janvier, à deux entraînements près, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.




