Alors, c’est très simple. Stan Wawrinka a perdu au premier tour de l’ATP 500 de Bâle contre Jiri Lehecka, 21e mondial, en 1h55, et c’était le dernier match de sa carrière. Je l’avais dit dès janvier. Pas avec ces mots-là, pas avec ce tournoi-là, mais j’avais dit qu’un jour il s’arrêterait. Vérifiez.
Ce qui m’intéresse, c’est la conférence de presse. La toute dernière. Quarante et un ans de vie, une carrière entière, et il a résumé ça en une phrase : « Quand on aime ce qu’on fait et qu’on aime le jeu, on a envie de repousser les limites au maximum, et c’est ce que j’ai fait. J’ai 41 ans. » C’est exactement ce que je répète depuis des années au Léopold, en interclubs, à des gens qui ont vingt ans de moins que moi et qui me demandent quand j’arrête. On ne m’écoute pas. Lui, on l’écoute.
Il a aussi dit avoir vécu une dernière année en se sentant compétitif, avoir joué des top joueurs et des jeunes, et en avoir battu quelques-uns. Attention, je ne dis pas le contraire de ce que j’ai dit en mars, quand j’expliquais que cette saison serait celle de trop. Je précise. Une saison de trop où l’on bat quelques jeunes, c’est une saison réussie, hein. Dans nonante pour cent des cas, et je suis gentil.
Moi, à Kitzbühel, en 92, j’ai aussi failli tenir une dernière conférence de presse. Il n’y avait pas de conférence. Il y avait un monsieur avec un carnet à la buvette, qui notait les scores du lendemain. J’ai fait mes adieux quand même, et puis je suis revenu l’année suivante, ce qui est une autre forme de compétitivité.
Jean-Pol, tu n’as jamais pris ta retraite. Tu as juste arrêté de gagner.
Wawrinka a dit que le livre, on doit le fermer à un moment donné. Le mien est ouvert à la page Kitzbühel, ça va ?
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.



