Alors, c’est très simple. Valentin Vacherot, tenant du titre, a battu Sebastian Baez 6-4, 7-6 au premier tour du Masters 1000 de Shanghai, sur le court central. Et après le match, il a expliqué qu’il ne considérait pas cette édition comme un tournoi de défense de titre.
Sa phrase, la voici : « Ce serait trop arrogant de dire que je viens ici uniquement pour défendre mon titre. » Et encore : « J’ai essayé de ne pas considérer cela comme une défense de titre. »
Trop arrogant. Il a joué, dit-il, le meilleur tennis de sa vie l’année dernière à Shanghai, il revient, il gagne au central, et c’est le mot « défendre » qui lui pose problème. Moi, à Kitzbühel, en 92, j’ai défendu un titre que je n’avais même pas gagné. Enfin, je l’avais gagné moralement, c’est pareil, et le tableau de l’époque n’a jamais été retrouvé, hein.
Je l’avais dit dès janvier : la modestie va devenir le nouveau revers à deux mains. Tout le monde s’y met, personne ne sait la jouer. Dans nonante pour cent des cas, et je suis gentil, un tenant du titre qui dit qu’il ne défend rien défend tout.
Attention, je ne dis pas le contraire de ce que j’ai dit. Je précise. C’est très bien joué, mais il pourrait l’assumer. Il a dit aussi que la joie d’être de retour à Shanghai prenait le dessus sur tout le reste. La joie, oui. Moi, quand je reviens au Léopold, la joie ne prend jamais le dessus : je vérifie d’abord que ma photo est toujours au mur de la buvette.
Il ne savait d’ailleurs pas vraiment s’il pourrait jouer ce premier tour sur le central. Il ne savait pas, et il l’a joué sur le central. Moi, je sais très bien que je ne passerai pas sur un plateau de la RTBF, et je n’y passe pas. Au moins, chez moi, il n’y a pas de suspense.
Question bête, mais s’il ne défend pas son titre, qui le défend pendant ce temps-là ?
Personne, Maxime. C’est bien ça le problème. Ça va ?
Le fait est vrai, on a vérifié : We Love Tennis.


