Valentin Vacherot a gagné Bâle. Non tête de série, 32e mondial, il a battu Jiri Lehecka, tête de série n°8, 2-6, 6-3, 6-3 en finale, dimanche. J’ai regardé ça le soir, l’essuie encore sur l’épaule, ma farde de statistiques ouverte sur la table de la cuisine.
Non tête de série. Je connais. Moi non plus, on ne me met jamais tête de série, et pourtant le niveau interclubs a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte. Sa semaine, je l’ai décortiquée comme un tableau de dimanche : Mariano Navone 6-3, 7-6 (4), puis Rafael Jodar, tête de série n°3, en trois sets dont deux tie-breaks, Holger Rune en trois sets, Taylor Fritz, tête de série n°6, 7-6 (5), 6-3. Trois têtes de série dans la semaine. Moi, en une saison, j’en croise une, et c’est elle qui me croise.
Le moment qui m’intéresse, techniquement, c’est le premier set. Mené 4-2, il a jeté sa raquette près d’un ramasseur de balles. Lehecka a pris la manche 6-2. Et après, deux sets 6-3, 6-3. Là, je reconnais un schéma. Quand je jette ma raquette sur le terrain 4, c’est presque toujours le cordage. Je ne dis pas que c’était le cordage pour lui. Je dis que c’est souvent le cordage.
Il rejoint Roger Federer et Novak Djokovic comme seuls joueurs à avoir gagné Shanghai et Bâle. Ça, c’est son premier titre depuis Shanghai, un an plus tôt. Un an entre deux titres, ça me parle aussi : mon dernier, c’était une tombola. Et lundi, 27e mondial. Lui, au moins, il connaît son classement dès lundi. Le mien, je l’attends en janvier comme un verdict.
Céline, à Kitzbühel en 92, je n’étais pas tête de série non plus. Ça ne veut rien dire, hein.
Il enchaîne directement avec Paris, premier tour contre Novak Djokovic. Je joue dimanche à dix heures, contre une C30.2. Lui, il a de la chance : Djokovic, au moins, il a le classement qu’il mérite.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Majors.



