Lorenzo Musetti, 25e mondial, a perdu vendredi contre Yi Zhou, invité du tournoi, au Masters 1000 de Shanghai : 7-6(7), 3-6, 7-6(1). Le compte ATP Tour a présenté ça comme la plus grande victoire de la carrière de Yi Zhou. J’ai lu le score sur mon GSM, assise sur le banc du terrain 4, l’essuie sur les genoux.
Et j’ai ouvert ma farde. Parce qu’un invité, c’est quelqu’un qu’on fait entrer sans qu’il soit passé par la grille. Moi aussi, en interclubs, on m’a déjà fait monter en équipe une quand il manquait quelqu’un. Même statut. Je ne dis pas même niveau, je dis même statut.
Alors j’ai fait le calcul. Yi Zhou bat le 25e mondial. Si un invité bat un 25e, une invitée peut battre une 25e. Il me manque l’invitation. Et deux entraînements. À deux entraînements près, hein.
Ensuite, j’ai lu Musetti. Il a dit à Tennis Actu : « Ce soir, je n’ai jamais réussi à me débarrasser de la tension que j’ai ressentie en début de match, et je n’ai pas su saisir beaucoup d’occasions : c’est sans aucun doute mon plus grand regret. » Les occasions pas saisies, je connais. Dimanche, j’en ai laissé trois sur ma balle de set, et je n’avais même pas de tie-break à 7-1 pour me consoler.
Il a aussi précisé qu’il n’avait eu aucun problème physique. Ça, c’est un luxe : quand je perds, j’ai toujours le cordage. Lui n’a même pas cherché d’excuse, il a dit que ne pas avoir joué depuis plus d’un mois ne l’avait pas aidé à prendre confiance face à un adversaire aussi agressif. Un mois sans jouer. Moi, c’est l’été entier quand la bulle ferme.
Il jouera Vienne, Paris et Stockholm, programme inchangé. Moi, programme inchangé aussi : dimanche dix heures.
Question bête, mais si Yi Zhou est invité, qui a envoyé l’invitation, et Céline, tu as vérifié ta boîte aux lettres ?
J’ai vérifié. Rien. Le facteur ne passe pas le dimanche.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.



