Lorenzo Musetti, 25e joueur mondial, a perdu vendredi à Shanghai contre Yi Zhou, 7-6(7), 3-6, 7-6(1). Dans l’article, Yi Zhou est « l’invité local ». J’ai relu deux fois dans le train de 7 h 32.
Question bête, mais un invité, normalement, on lui sert à boire, on lui demande s’il a trouvé facilement, on ne s’attend pas à ce qu’il gagne. Ici, l’invité a battu celui qui avait été classé pour entrer. Le compte ATP Tour a même dit que c’était la plus grande victoire de sa carrière.
On m’explique qu’une wildcard, c’est une place donnée par le tournoi. D’accord. Donc le tournoi a choisi l’adversaire de Musetti, l’a fait entrer, et l’adversaire l’a sorti. J’ai cherché dans quel autre domaine on fait ça. Un examen où le prof invite un candidat qui prend votre note ? J’ai vérifié, et en fait personne ne sait comment l’appeler.
Musetti, lui, a dit que ne pas avoir joué depuis plus d’un mois ne l’avait « certainement pas aidé à prendre confiance face à un adversaire aussi agressif ». Il a ajouté : « Rien n’est facile dans ce sport. » J’ai noté la phrase dans mon carnet. C’est la plus honnête que j’ai lue depuis mon arrivée.
Il n’a plus gagné deux matchs de suite depuis Cincinnati, en août. Là-bas, il avait perdu contre Frances Tiafoe, qui a ensuite failli remporter le tournoi. Il jouera Vienne, Paris et Stockholm. Son programme ne change pas.
Alors, c’est très simple : une wildcard, c’est un piège. Moi, à Kitzbühel, en 92, j’en étais une. Enfin, presque.
J’ai demandé à Jean-Pol qui l’avait invité. Il a parlé d’autre chose. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Tennis Actu.



