Le jeune homme a dormi toute la semaine chez son entraîneur, à dix minutes du stade. Monsieur Vliegen. Ils travaillent ensemble depuis un an. Il s’est entraîné dans son club, pour se sentir davantage chez lui, a-t-il dit, parce qu’il est assez loin de la maison.
C’est bien. On loge les gens, on leur prête un terrain. Il a même vu Bruxelles. Il a dit : « Je suis allé voir la fontaine avec le petit garçon qui fait pipi ». C’est poli. Il n’a pas dit le nom, il a décrit. Ma tante faisait pareil avec les voisins qu’elle n’aimait pas.
Vendredi soir, il a perdu contre Arthur Fils, 6-4, 7-6. Le jeu décisif s’est terminé à quatorze points contre douze. C’est long. Plus tôt dans la semaine, il avait battu David Goffin, qui a pris sa retraite jeudi. Cet été, il avait joué son premier quart de finale en Grand Chelem, à l’US Open.
Il pense manger une gaufre vendredi soir ou samedi. Il hésite. À Couvin, quand quelqu’un logeait chez nous et perdait, on ne le laissait pas hésiter. La tarte au riz était sur la table avant qu’il ait enlevé ses chaussures, et on ne parlait pas du jeu décisif. On parlait du temps. Il faisait caillant, généralement.
Il a dit de son entraîneur : « C’est quelqu’un de formidable. » Puis : « Mais, au bout du compte, il est mon entraîneur de tennis. » Il a bien fait de préciser. On ne sait jamais ce que les journalistes vont écrire.
Question bête, mais on lui a dit où trouver la gaufre, au moins ?
Il a dormi chez son coach. Il a vu la fontaine. Il a perdu à quatorze-douze. La gaufre, elle, en est encore à vendredi soir ou samedi.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.



